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lundi 20 août 2012

Mille jours à Venise de Marlena de Blasi

Mille jours à Venise de Marlena de Blasi traduit de l'américain par Marie-Pierre Bay (Folio)

L'histoire: Une histoire vraie. Une histoire étonnante et délicate. Celle de Marlena, une femme d'âge mûre qui rencontre un bel étranger à Venise. Avec cet homme qu'elle connaît à peine, tout est simple...et pourtant sa vie est en Amérique. Poussée par un souffle de bonheur à venir, ou par un pressentiment, elle quitte ses enfants, une jolie maison, son restaurant et une brillante carrière de critique gastronomique, pour aller vivre avec lui à Venise. Elle sait que les obstacles seront nombreux: elle ne maîtrise pas la langue, elle découvre l'appartement sinistre de son mari...elle se sent seule aussi . Pourtant elle l'a choisi...
Marlena nous entraine dans l'intimité des rues de Venise, et dans le récit de sa nouvelle vie. Entre questionnement, découvertes et désillusions elle nous berce d'un récit plein d'humour. Puis elle se fait accepter, peu à peu, et Fernando l'intègre à son univers...mais leur vie et leur destin n'est pas là où ils l'attendaient...Mille jours à Venise...

Mon avis: Un bien joli roman. Une histoire d'amour, certes, mais atypique. Marlena et Fernando s'aiment, certes, mais cela ne suffit pas toujours. Avec pour toile de fond Venise et son atmosphère (fort bien retranscrite le marché, les ruelles, les vaporetto), Marlena déambule et cherche plusieurs chemins: le sien, celui de son couple. Avec humour et optimisme, sans toutefois être utopique, l'auteur réussit avec brio à faire de son histoire personnelle, une romance aux sentiments humains intemporels... Peu importe l'âge, peu importe le lieu,l'amour se construit pas à pas et mêle déceptions et ravissements. L'auteur nous le transmet et arrive à nous toucher avec délicatesse...Sûrement un peu fleur bleue pour certains... Un bon moment de plaisir toutefois.

mardi 17 janvier 2012

Le vieux qui ne voulait pas fêter dignement son anniversaire de Jonas Jonasson


Le vieux qui ne voulait pas fêter dignement son anniversaire de Jonas Jonasson

Presse de la cité, traduit du suédois par Caroline Berg.

« Quand la vie joue les prolongations, il faut bien s’autoriser quelques caprices ».

Une maison de retraite se prépare à célébrer dans la plus grande effervescence un événement : le centième anniversaire d’un de ses résidants. Oui, mais Allan Karlsson, l’homme du jour, en a décidé autrement. Loin d’aimer ce genre de festivité, il décide de fuguer : il enfile ses charentaises, et se met à courir aussi vite que possible…pour aller où, dans quel but ? Lui-même ne peut répondre à cette question… Sans savoir vraiment pourquoi, il vole une valise, qui n’est évidemment pas une simple valise…S’ensuit une course poursuite avec la police.

C’est donc parti pour une cavalcade effrénée, des périples improbables et des rencontres loufoques.

Pour tenir son lecteur en haleine, Jonas Jonasson nous plonge dans la vie d’Allan Karlsson en alternant les chapitres de son enfance et du présent (c’est-à-dire sa fugue). Et quelle vie pour ce personnage atypique et hors du commun ! Suspecté de folie dès sa prime jeunesse par les autorités suédoises, il se prend toutefois de passion pour les explosifs. Il en fera son métier : il sera artificier. Avec le XXème siècle en toile de fond, Allan va se retrouver, bien malgré lui, au centre de grands conflits majeurs. Par le plus grand des hasards (et il s’en sort toujours indemne, à l’image des super-héros), il côtoie Franco, Mao et fait des recherches sur la bombe atomique aux USA, avec la plus grande naïveté. Ni soucieux de politique, ni soucieux de religion, l’évolution du monde semble ne pas avoir eu d’emprise sur lui.

Rencontres improbables, situations hallucinantes, l’auteur s’amuse et nous amuse L’ensemble est extrêmement rythmé, complètement décalé et le style original (bien qu’il m’ait paru un peu répétitif une fois habituée au mode de narration au fur et à mesure de la lecture). C’est farfelu, c’est déjanté et on voyage partout sur le globe, sur terre et sur mer à la découverte de la vie d’Allan…sans oublier son nouveau périple de centenaire à travers la Suède.

Un livre empli d’optimisme, un auteur inventif et à l’imagination débordante, voici le cocktail réussi de ce roman qui raconte avec humour les aventures rocambolesques d’un héros un peu fou vivant au XX ème siècle.

mardi 18 octobre 2011

Les chaussures italiennes de Henning Mankell


Les chaussures italiennes de Henning Mankell. L'avis de Noukette m'avait bien plu: je découvre donc ce roman, en même temps que son auteur suédois.

L'histoire: Fredrik Welin vit seul, reclus sur une île de la Baltique. A soixante-six ans, sans femme ni amis, il a pour seul activité une baignade quotidienne dans un trou de glace. Il a parfois la visite de Janson qui lui amène le courrier...rares sont les lettres qu'il reçoit. Fredrik s'est isolé du monde suite à un arrêt brutal de sa carrière professionnel: il était médecin. Que s'est-il passé dans sa vie pour renoncer ainsi à tout contact avec autrui? Un jour pourtant, sa vie va changer: Harriet, son amour de jeunesse abandonnée quarante ans plus tôt, brise sa routine. Cette dernière est malade et elle exige qu'il tienne une promesse faite jadis: lui montrer un lac forestier. Fredrik renait sans vraiment le savoir, et il n'est pas au bout de ses surprises : un long cheminement l'amène à reconsidérer sa vie, à faire des rencontres et à reprendre goût à ce qu'il n'avait plus: la vie.

Mon avis: Un joli roman aux multiples sens. On suit le personnage principal de son isolement à son retour progressif à la vie. L'évolution de Fredrik est intéressante : le personnage est lucide mais il ne semble pas réaliser ce qui lui arrive. Les sentiments sont dévoilés: il évoque ses erreurs passées, ne sait pas comment rattraper ses maladresses à l'égard de ceux qu'il a blessés. Ce livre ne traite pas que des sujets radieux: la maladie, la trahison, la faute professionnelle, le mal-être, la solitude, la quête des origines...et pourtant il est emprunt de générosité, d'espoir, d'optimisme même. Un joli roman sur le destin d'un homme qui après l'avoir perdu, retrouve un sens à sa vie. Une atmosphère particulière, des sentiments variés, un livre qui ne laisse pas indifférent.
[Mention spéciale sur le passage du fabricant de chaussures, un artiste : j'ai adoré le style, le ton, le sens de ce passage]

mardi 30 août 2011

La dernière chasse de Piotr Andreïvitch de Viatcheslav Répine


La dernière chasse de Piotr Andreïévitch de Viatcheslav Répine ( temps et périodes)

L'histoire:Un militaire haut gradé Piotr Andreïevitch arrive dans une province pour une chasse. Il y rencontre un garde-chasse Zvenogov, qui est chargé d'organiser cette fameuse chasse du lendemain. Ces deux hommes, tout semble les opposer et pourtant un lien étrange les unit. Les hommes se confient à demi-mots sur leur histoire, sur l'histoire de leur pays et sur ces périodes de bouleversements qu'a connue la Russie. Et pourtant, le lendemain une tragédie va se jouer...

Mon avis: Un roman (réécrit car c'était initialement une nouvelle) étrange. Je ne saurai vous dire pourquoi. Le début m'a pas mal plu: l'écriture est précise, ciselée et le tout bien rythmé. On découvre par la suite des paysages russes somptueux, dans lequel se joue le drame. Et pourtant ...je fus assez insensible à ce roman. La fin du texte se transforme en échos méditatifs, réflexion philosophique qui m'ont semblé assez loin de l'histoire en tant que telle. Bref une lecture en demi-teinte.

lundi 22 août 2011

Pourquoi j'ai mangé mon père de Roy Lewis


Pourquoi j'ai mangé mon père de Roy Lewis chez Pocket. Un livre au titre surprenant qui ne manquera pas de vous faire rire.

L'histoire: Plongez vous quelques millénaires en arrière et faites la connaissance d'une famille préhistorique: Edouard, le père inventeur du feu et sans cesse en réflexion sur l'évolution; Vania, l'oncle réac, ennemi du progrès; Ernest, le fils d'Edouard entouré de ses frères et soeurs ainsi que de leurs futures femmes. Nous découvrons la vie quotidienne de cette "tribu" rythmée par les découvertes, les activités et les déceptions. Chaque être, encore à moitié singe, poursuit son évolution et fait des hypothèses sur le monde à venir (en l' occurence, le nôtre ;). Survivre, découvrir, comprendre : voilà leurs préoccupations principales.

Mon avis: Un livre écrit en 1960 que j'ai beaucoup apprécié et pour lequel j'ai beaucoup souri (voire ri à certains moments). C'est d'abord un ouvrage bien documenté sur l'homme et ses origines (les descriptions de la vie quotidienne sont précises et montrent très bien le fait que l'homme doit perpétuellement s'adapter à son milieu.), c'est aussi un récit d'aventures et c'est enfin un ouvrage qui nous fait réfléchir à la manière d'un récit initiatique (et qui nous fait rire). L'écriture repose sur une alternance entre vivacité de l'action et moment de réflexion des personnages sous forme de dialogues.De nombreux anachronismes (faisant référence à notre époque contemporaine) tant dans les sujets que dans le langage concourent à faire de ce texte, un roman très réussi qui peut se lire à bien des niveaux! N'hésitez pas homo sapiens sapiens!

samedi 20 août 2011

Le goût des pépins de pomme de Katharina Hagena


Grâce à Leiloona et son rendez-vous des "sorties poches coup de coeur du mois", je me suis procuré ce sympathique roman (merci!)

L'histoire
: A la mort de Bertha, ses trois filles et sa petite fille Iris se retrouvent dans leur maison de famille dans le nord de l'Allemagne, pour la lecture du testament. Iris, la narratrice, hérite de la maison, à sa plus grande surprise. Que faire de cette maison? la conserver? Petit à petit elle redécouvre chaque pièce qui contient de multiples souvenirs plus ou moins douloureux. Elle revoit chaque endroit de ce merveilleux jardin où elle a passé toutes ses vacances d'été. Tout ressurgit de façon émouvante et tragique. L'histoire d'une famille se dévoile peu à peu , délicatement, avec sobriété. Iris redécouvre Max, qui l'accompagne dans ce parcours du souvenir qui a influencé sa vie d'adulte.

Mon avis: Voici un beau roman. Amateur d'action? Abstenez-vous...C'est un roman où chaque page se savoure tant le style est sobre et juste. Chaque objet, chaque pièce fait ressortir des émotions. Tout au long de la lecture, c'est à nos sens que l'auteure fait appel: on voit, on écoute, on ressent, on imagine. Iris redécouvre son passé ainsi que l'histoire de sa famille riche en émotions et en souffrances. Oublier? Non, ce passé fait partie de son être et est ancré au plus profond d'elle-même, c'est peut être aussi ce qui l'aide chaque jour. Un joli roman sur le souvenir, l'oubli et les secrets de famille.

vendredi 3 juin 2011

Un père lointain d'Antonio Skarmeta

Un père lointain d'Antonio Skarmeta (Grasset), traduit de l'espagnol par Alice Seelow

L'histoire: Jacques est instituteur, pour la plus grande fierté de sa mère, dans l'école du petit village de Contulmo, au Chili, et traducteur pour le journal local. Il a hérité cette passion pour la langue française de son père, Pierre, qui un an plus tôt, et du jour au lendemain, est parti retrouver son pays d'origine, la France. Depuis plus de nouvelles, le vide, l'incompréhension, le manque aussi. Jacques et sa mère s'interrogent sur le départ de Pierre et attendent des nouvelles, qui n'arrivent jamais. Jacques continue de vivre, de découvrir la vie autour de lui, d'imaginer la vie de son père loin là-bas ... Il est aussi attirée par une des soeurs de ses élèves... mais de secrets en découvertes, rien de fait oublier l'absence du père.

Mon avis: Un très beau texte que j'ai lu avec beaucoup de plaisir. Le texte est sensible et l'atmosphère est très bien recrée. On se retrouve confiné dans ce village perdu, où le qu'en dira-t-on règne en maître. Beaucoup de choses se savent, peu se disent. Les habitants sont pris entre les conventions et les commérages et il est alors difficile de créer sa propre histoire. Un texte aux multiples échos sur l'apprentissage, l'éducation et le rapport à la famille. Le sujet est profond et l'écriture transmet avec brio les incompréhensions de ce jeune homme.

mardi 10 mai 2011

Un cri d'amour au centre du monde de Kyoichi Katayama


Un cri d'amour au centre du monde de Kyoichi Katayama. Le billet de Noukette m'avait donné envie...quand elle me l'a prêté (merci!), je n'ai pas hésité à commencer ma lecture rapidement.
Ce roman est devenu un best-seller au Japon, adapté au cinéma et sous forme de manga.

L'histoire: Sakutaro et Aki se rencontrent au collège dans une ville japonaise. Leur relation évolue de l'amitié à l'amour lorsqu'ils se retrouvent ensemble au lycée. Mais un destin tragique les guette: en classe de première, Aki tombe gravement malade et sera emportée en quelques mois. Comment survivre à cette absence si cruelle? Sakutaro se souvient de tout: de leur premier baiser, de leur rendez-vous amoureux, de leurs conversations, de leurs projets d'avenir, de son séjour en Australie aussi entrepris en sa mémoire. Mais elle n'est plus là, qu'advient-il de cet amour si pur et si profond quand l'autre disparait?

Mon avis: Bien embarrassée pour vous donner mon avis car ce roman est triste autant qu'il est beau, déroutant autant qu'il est bouleversant. On connait immédiatement la fin tragique de l'histoire mais cela n'empêche pas le roman d'être d'une grande puissance. L'auteur alterne avec brio des passages avant et après le décès. On suit ces adolescents qui découvre l'amour, le pur, le vrai...Ils sont en quête de cet absolu et nage avec insouciance dans une certaine plénitude. Oui, mais il y a cette satanée maladie qui fait que les projets entrevus ensemble ne pourront se réaliser. Sakutaro découvre la perte, le manque et livre avec pudeur et retenue sa souffrance. Pas de discours larmoyants de la part de l'auteur ...juste des phrases bouleversantes, qui font ressortir nos propres craintes ( à l'égard de la mort et de la maladie par exemple).On découvre aussi une belle relation (spirituelle presque !) entre le héros et son grand-père, tout en douceur, tout en retenue , tout en amour: j'ai beaucoup apprécie cet amour familial transgénérationnel. Le sujet est triste mais traité d'une façon délicate...et intemporelle.C'est poétique, c'est beau, c'est d'une sensibilité rare et ça ne laisse pas insensible!
[Une envie lorsque l'on finit la lecture de ce roman: prendre dans ses bras tous les gens que l'on aime, ou leur dire tout simplement...]

lundi 11 avril 2011

La septième vague de Daniel Glattauer


Il y a des livres que vous dévorez... et quand vous apprenez que l'auteur écrit une suite..vous n'avez qu'une envie: la lire de toute urgence. Grâce à Stephie (mille mercis!!!), je me suis plongée dans ce roman avec grand plaisir. Pour ceux qui n'ont pas lu le premier roman Quand souffle le vent du nord , c'est par ici

L'histoire: On avait subitement quitté Léo et Emmi, leur relation épistolaire et leur amour virtuel...par ce message "attention adresse mail modifiée. Le destinataire ne peut plus regarder cette boîte. Les nouveaux messages seront automatiquement effacés. Le manager du système est à votre disposition pour plus d'informations." .. Surprenante histoire qui est la leur: rencontre repoussée et liaison impossible car Emmi est mariée.
... On se retrouve quelques mois après. Léo était à Boston. Emmi retente un mail...réponse quelques jours plus tard et le tourbillon des mails recommence. Petit bilan sur leur vie... Qu'attendent-ils de leur relation? de cette étrange histoire d'amour où l'on n'a pas vu l'autre physiquement? Et puis qu'espèrent-ils? De multiples questions jalonnent ces mails où deux êtres sont en train de lutter contre des illusions ou des certitudes...Ils décident de se rencontrer autour d'un café...puis Léo annonce que sa vie avec Pam prend un nouveau tournant: ils s'installent ensemble. Maintenir la relation épistolaire, est-ce nécessaire ? Oui! Même si Emmi et Leo décident de devenir "amis virtuels", leur relation est plus profonde et leur dépendance ne fait que se renforcer. Séduction, distance, malentendu, humour, déclaration remplissent ces mails...Jusqu'à quand pourront-ils résister? Pourquoi? Un avenir est-il possible?

Mon avis: J'avais dévoré le premier roman...ce fut pareil pour cette suite rythmée et entrainante. Un vrai régal! Un roman que l'on ne peut pas lâcher..et qu'on n'a pas envie de finir. La relation va crescendo: tous les ressorts de la séduction amoureuse sont là: séduction, jalousie, humour, questions existentielles, besoin de l'autre, espoir, déception... ces deux êtres sont attachants. Léo ne peut que nous séduire quand il se dévoile progressivement. De très beaux passages poétiques, simples, profonds. Le charme agit, la magie opère pour le plus grand plaisir des lecteurs. J'attendais cette fin , certains y trouveront peut-être à redire...
Bref c'est un roman joyeux, rythmé, où l'on sourit et que l'on ne lâche pas...tous les ingrédients pour un très agréable moment de détente et de lecture.

mardi 8 février 2011

Quand souffle le vent du nord de Daniel Glattauer


Quand souffle le vent du nord de Daniel Glattauer chez Grasset
Merci à Stéphie pour le prêt de ce bien joli roman

L'histoire: Un mail anodin envoyé pour résilier un abonnement par une jeune femme... Mais l'adresse est erronée. Le destinataire lui signale. Mais l'échange n'en reste pas là...S'ensuit un échange de messages drôles, attendrissants, surprenants entre ces deux êtres. Au fil des mails, une relation se noue entre Leo et Emmy. Ils ont chacun leur vie: elle est mariée, lui sort d'un chagrin d'amour et ils ont ce besoin viscéral d'échanger presque chaque jour des mails où se mêlent tous les sujets des plus futiles aux plus profonds. Ils ressentent un besoin irrésistible de se découvrir et de se voir mais repousse sans cesse cette rencontre. Leo et Emmy se découvrent peu à peu dans cette relation virtuelle et deviennent dépendants l'un de l'autre. Dépendants de ces mails où les humeurs, les rancoeurs, les confidences et les espoirs sont dévoilés... Mais jusqu'où peut perdurer cette relation virtuelle?

Mon avis: Un roman "épistolaire" revisité et que j'ai littéralement dévoré. On fond pour Leo, on est séduit par le personnage d'Emmy, fragile, jalouse, cynique , drôle aussi. Les mails s'enchainent à une cadence infernale et cette histoire devient touchante et profonde. Les êtres se dévoilent selon leurs humeurs et les tonalités varient perpétuellement. Un vrai coup de coeur ...il serait dommage de passer à côté.

jeudi 3 février 2011

La carte de Guido et autres pèlerinages européens de Kenneth White



La carte de Guido et autres pèlerinages européens Kenneth White chez Albin Michel

Merci à Abeline et aux Chroniques de la rentrée littéraire pour ce roman

L’histoire : Le narrateur nous emmène faire un voyage à travers l’Europe. D’escapades en escapades, nous nous retrouvons à Glasgow, la ville de ses origines, en Bavière, à Rotterdam, à Bilbao, à Trieste, en Scandinavie. Ici et là, le narrateur nous livre le vagabondage de son âme, ses souvenirs et l’atmosphère du lieu qu’il découvre ou redécouvre. On rencontre certains de ses amis, autour d’un verre…on aperçoit Joyce et Stindberg, Nietzsche aussi. Lors de ses promenades, le narrateur apparaît tour à tour comme un guide cultivé, un observateur expérimenté, et un « chasseur de paysages ». Beaucoup de mystères entourent les pérégrinations de ce voyageur qui semble hors-du-temps

Mon avis:Si, au début de ma lecture, j’ai accompagné bien volontiers le narrateur dans ces ballades en Europe, je dois dire que je me suis vite lassée. Le livre est très bien écrit, les descriptions sont précises et complètes (lieux, monuments, hôtels), mais je suis restée hermétique à ces ballades, parfois trop érudites, parfois trop longues…On réfléchit, on tente de percevoir la quête de cet homme, le but de son pèlerinage. On aimerait qu’il se livre, qu’il se découvre, qu’il nous donne des indices, qu’il y ait un changement …mais on attend, et l’homme poursuit ses ballades et ses réflexions. Son voyage nous semble intemporel par la description des lieux, par les références historiques et littéraires. L’ancien et le nouveau se côtoient pour la grande satisfaction du voyageur qui oscille entre les différentes époques pour avancer sur le chemin de sa vie.

Un livre qui m’a laissée de marbre, mais qui saura séduire, à coup sur, des lecteurs amoureux d’histoire, de voyages et de vagabondages. Le tout avec une pointe d’érudition.

vendredi 28 janvier 2011

Le mec de la tombe d'à côté de Katarina Mazetti


Un livre dont on a beaucoup entendu parler...et que Clémence m'a offert (merci!): une lecture très agréable.

L'histoire: Désirée est une jeune bibliothécaire, citadine et assez intello. Elle se rend régulièrement sur la tombe de son mari, trop tôt disparu. Elle y croise "le mec de la tombe d'à côté". C'est Benny, il est agriculteur, il a perdu sa mère, et s'occupe de la ferme familiale. Il essaie de s'en sortir malgré les difficultés. Et puis un jour, un regard, un sourire et c'est le début d'une histoire d'amour... Mais tout les oppose. De la passion des débuts aux frustrations et aux crises, les deux protagonistes que tout oppose s'évertuent à concilier l'inconciliable. Jusqu'au jour où...

Mon avis : Ce livre est très agréable à lire. L'alternance des points de vue (un chapitre pour Désirée, un chapitre pour Benny) est propice à montrer les incompréhensions et les réflexions de chacun. Certains passages sont extrêmement drôles, et emplis de finesse quant aux relations amoureuses. On passe vraiment un bon moment dans l'intimidé de ce couple atypique. Un petit hic toutefois : la fin ne m'a pas du tout séduite...et je ne vois pas trop son intérêt. Dommage! Malgré cela, n'hésitez pas à lire ce joli roman.

jeudi 9 décembre 2010

Le sang et la mer de Victor Gary


Un grand merci à Stéphie (pour son billet qui m'a donné envie et pour le prêt) qui m'a permis de découvrir un très beau roman.. Pour ma part, première lecture d'un roman haïtien.

L'histoire: Hérodiane, une très belle jeune femme à la peau noire, vit avec son frère Estevel dans un bidonville de Port-au-Prince que l'on appelle Paradi. Ils ont perdu leurs parents et Estevel a fait la promesse à sa mère de veiller sur sa soeur. Il fait en sorte qu'elle puisse étudier et lire (sa grande passion) dans un climat de misères, de saletés et de désolations. Mais cette jeune fille a un rêve : rencontrer un "prince charmant" à la peau claire. Quand elle fait la connaissance d'Yvan, un riche mulâtre d'une des grandes familles, elle se livre entièrement à cet amour et à son rêve... Hélas, il y a beaucoup d'éléments qu'elle ne peut maîtriser et le rêve vire au cauchemar.Mais Estevel, qui entretient une étrange relation avec la mer, reste à ses côtés. Les turpitudes d'Estevel et d'Hérodiane se déroulent alors dans ce pays où corruptions et manipulations sont omniprésentes. Comment rêver et comment espérer un autre avenir?

Mon avis: Un roman que j'ai littéralement dévoré...même si certains passages sont assez durs. Victor Gary nous emmène complètement dans un autre univers mêlant réalité et imaginaire.Son écriture est dense, libre et l'ensemble est extrêmement poétique. Les réalités évoquées sont dures mais elles sont dépeintes avec une grande finesse. On passe successivement de la prostitution de jeunes femmes à la mystérieuse "relation" d'Estevel avec la mer, ange gardien protecteur du jeune homme. Il n'y a, dans ce roman, plus de frontières entre les genres : roman, poésie le tout mêlé de l'imaginaire haïtien. Une très belle lecture qui revisite le mythe du prince charmant avec réalisme et virtuosité dans un pays où il est parfois difficile d'espérer.

mardi 30 novembre 2010

Béatrice et Virgile de Yann Martel


Béatrice et Virgile de Yann Martel traduit de l'anglais par Nicole et Emile Martel chez Flammarion

L'hsitoire : Henry est un romancier à succès. Il se prépare à faire la promotion de son nouvel ouvrage avec en arrière-fond le nazisme. Ce livre, il le veut original dans sa conception...ce qui ne réjouit guère son éditeur. Il décide alors de tout quitter et de cesser d'écrire. Il s'installe avec sa femme enceinte dans un nouveau pays et mène une toute nouvelle vie. Il fait du théâtre, sert dans un café...Jusqu'au jour où il reçoit une pièce de théâtre accompagné d'une note lui demandant de l'aide. Après réflexion, Henry rencontre l'auteur de cet envoi : Un vieil homme, taxidermiste étrange, qui passe sa vie entre écriture et "réparation" d'animaux. Il souhaite écrire une pièce de théâtre.Il lui présente Béatrice et Virgile une ânesse et un singe empaillés ...qui sont les héros de sa pièce et qui commence par discuter d'une poire et de ses mystères. A chaque rencontre, le taxidermiste lit des épisodes de son texte théâtral avec beaucoup de mystères. L'atmosphère est lourde entre les deux hommes et Henry va se trouver hanter par cette écriture et le dialogue avec cet homme... Mais ces animaux évoquent une réalité bien plus terrifiante (qui fait écho au nazisme, sujet du livre non paru d'henry)...que l'on découvre dans les toutes dernières pages du roman.

Mon avis: un livre dérangeant à bien des niveaux. J'ai bien aimé les premières pages sur cet écrivain qui peine à se faire comprendre et qui décide de tout lâcher.J'ai trouvé l'idée de l"envoi de la pièce de théâtre à cet ancien auteur très sympathique...Par contre, n'ayant pas une passion pour les animaux et les taxidermistes, j'ai trouvé le sujet et les descriptions très pesantes (on comprend seulement à la fin de la lecture leur sens et la nécessité de leur présence et de leur lourdeur)...La pression psychologique est importante et l'histoire de l'écriture de la pièce est obsédante: on lit des extraits de la pièce très proche de Beckett...le langage n'évoque plus rien. Cette tension ne peut durer ...et le paroxysme est atteint à la fin où les révélations arrivent. On passe donc de la joie trompeuse du début du roman à une atmosphère terrifiante et dramatique sur le passé européen, la shoah et sur ce vieil homme. On a envie de tourner les pages de ce roman mais il est déroutant et dérangeant tant au niveau du thème (une métaphysique du mal , une sorte de fable de l'holocauste en quelque sorte) que de l'écriture (littérature moderne, opposition roman essai..etc)
ps : De nombreuses références à Dante, Beckett, Flaubert

mercredi 24 novembre 2010

Mélodies du coeur d' Annie Proulx


Voici un recueil de nouvelles trouvé au hasard d'un rayon "Nouveautés Novembre 2010" de la médiathèque. J'avais entendu parler de cet auteur pour le prix Pulitzer. Pourtant, je n'avais rien lu.

L'histoire ou plutôt les histoires: Ce livre contient 11 nouvelles, parmi lesquelles : La chasse au cerf, une série de déboires, une journée sans nuage, Meurtre à la campagne...
Nous sommes plongés dans les grands espaces de la Nouvelle-Angleterre, là où il y a peu d'habitants, là où la vie est difficile, là où la brutalité et la rudesse font partie du quotidien de la vie. A chaque nouvelle, c'est l'histoire d'un personnage rude, rugueux, décrit dans son milieu de vie (parfois hostile), avec son histoire que l'on découvre au fur et à mesure. Ces personnages bourrus évoluent au contact des autres, faisant ressortir des tranches de vie plus ou moins heureuses. On s'assoit à la table des personnages, et le silence pèse... Le silence avant la tempête. Ils ont tous une souffrance latente mais celle-ci reste parfois contenue, ou au contraire c'est l'explosion.

Mon avis: Une lecture bien agréable. L'auteur nous fait découvrir des paysages lointains avec des descriptions saisissantes: elle parvient à nous "faire voir" ces hommes et femmes isolés qui vivent comme chasseurs ou fermiers. Les haines, les rancoeurs, les jalousies, les colères, sont retranscrites avec une extrême justesse, et les personnages portent en eux ces divers sentiments. Annie Proulx se moque parfois de ses personnages, mais toujours avec bienveillance...Les chutes sont parfois étonnantes et ces nouvelles, souvent marquées d'une ironie grinçante, nous invitent à faire un voyage, loin géographiquement, loin aussi dans les sentiments humains comme la vengeance, la démence et la pauvreté... Des" mélodies" du coeur...

samedi 20 novembre 2010

Le vicomte pourfendu d'Italo Calvino


Le vicomte pourfendu est le premier volume d'une trilogie ( avec le Chevalier inexistant, le baron perché) paru en 1952

L'histoire: Le vicomte Médard de Terralba, dans la fougue de sa jeunesse, part en guerre contre les Turcs. Mais il va vite déchanter, car le chevalier génois est coupé en deux par un boulet de canon"Et tous de s’occuper de lui pendant que les pauvres soldats qui n’avaient reçu qu’une flèche dans le bras mourraient de septicémie. Ils firent des coutures, des applications… Dieu sait ce qu’ils firent ! Quoiqu’il en soit, le lendemain, mon oncle ouvrait son unique œil, sa demi-bouche, dilatait sa narine et respirait. Il était, maintenant, vicomte et pourfendu". Dès son retour au château c'est la stupéfaction d'autant..que d'après Sébastienne, sa nourrice, c'est la mauvaise partie qui est revenue: celle qui fait le mal. Tout devient moitié sur son passage: les arbres, les champignons...et le mal se répand: le vicomte s'en prend à son petit neveu, aux gens du château, aux paysans, aux huguenots... Et bientôt il s'éprend de Paméla, la bergère. Mais une autre partie d'un homme apparaît...Celle-ci représente le bien...et fait tout à l'opposé de son nouveau rival..Quand la confrontation va-t-elle avoir lieu?
Mon avis: J'ai beaucoup apprécié cette lecture .Pour ma part ce n'est pas vraiment un roman; cela se rapprocherait davantage du conte philosophique (à l'image du Candide de Voltaire où les échos sont nombreux).L'écriture est agréable et les tons se mêlent constamment: l'humour, le cynisme. Le style incisif, j'oserai même poétique à certains moments. L'idée de départ m'a plu. La réflexion manichéenne sur le bien et le mal est clairement exposée condamnant l'absolu d'une attitude dans les deux cas. En germe, des réflexions toujours actuelles, pleines d'ironie mais avec la joie de la lecture d'un "conte" comme une allégorie où tous les degrés de lecture sont possibles...A lire donc!
Phrases que j'ai appréciées au fil de la lecture " Heureusement que son boulet de canon ne l'a coupé qu'en deux, disait tout le monde. S'il en avait fait trois morceaux, Dieu sait ce qu'il nous aurait fait voir"
"Mais il est clair qu'il ne suffit pas d'un vicomte complet pour que le monde entier soit complet"

[Le + prof:
Un travail intéressant à faire sur les portraits et sur les antonymes (lexique des sentiments/verbes d'action/ champs lexicaux associés au bien et au mal..etc)..où les deux moitiés peuvent être mises en parallèle.]

mardi 16 novembre 2010

La ligne de beauté d' Alan Hollinghurst


Un grand merci à Bob et aux éditions Le livre de poche pour m'avoir permis de découvrir ce roman, qui a obtenu en 2004 le Man Booker Prizen, prix littéraire très prestigieux du Royaume-Uni.

L'histoire:Nick Guest, un jeune gay d'origine modeste, diplômé d'Oxford est accueilli dans l'hôtel particulier des parents de son ami Toby Fedden à Londres. Mais ce n'est pas une famille comme les autres,et Nick va peu à peu entrer dans l'intimité d'un milieu totalement nouveau pour lui. Il fait donc connaissance de Gerald, le père, député conservateur et très ambitieux; de Rachel, la mère, très fortunée, de Catherine, leur fille dépressive, et il continue d'éprouver une passion secrète pour Toby. Il découvre, fasciné et subjugué, une société de grandes familles où les conservateurs ont tous les pouvoirs pendant les années Thatcher. Nick mène une vie facile où se mêlent pouvoir, cocaïne, sexe, non-dits , diners mondains et hypocrisie. On assiste à " l'apprentissage" du héros(admirateur de la beauté sous toutes ses formes) sa première vraie histoire d'amour avec Léo, puis quelques années plus tard avec Wani, toujours dans le secret. On suit les personnages dans "des moments de vie" avec en arrière-plan les milieux bourgeois londoniens où la réussite et l'ascension sociale sont primordiales...les moyens utilisés importent peu. Or, derrière cette façade , la famille Fedden cache une autre réalité et des scandales (comme le sida) apparaissent... Nick en fera partie:mais ce milieu est-il véritablement le sien?

Mon avis: Je suis très partagée sur ce livre. Ceux qui se passionnent pour les dessous du pouvoir et sur la société anglaise des années Thatcher seront comblés. Une histoire so british!Tout gravite autour de Nick qui se fait spectateur de ce nouveau monde, et acteur de sa vie en parallèle. Le style est incisif, la critique acerbe et l'ensemble est assez cynique: sur ces aspects Alan Hollinghurst excelle. Dans ce microcosme, l'auteur utilise tous les ressorts psychologiques des personnages, rendant les uns sympathiques et les autres odieux. J'ai apprécie la relation amicale entre Catherine et Nick, peut-être une des seules à être sincères. Toutefois, quelques bémols : il y a peu d'actions dans ce roman, et ...les dix dernières pages semblent arrivées bien tardivement! De plus, j'ai parfois eu l'impression de lire un "roman homosexuel" pendant la moitié du livre: l'apprentissage de Nick nous est livré dans les moindres détails, à mon goût de manière trop répétitive.Tout est fantasme pour le jeune homme et je ne suis pas sure que cela apporte vraiment à l'histoire.
En somme, malgré ces réticences, cette lecture va crescendo, et l'on est vraiment conquis par les cent dernières pages.

samedi 30 octobre 2010

Récits de Belkine d'Alexandre Pouchkine


Récits de Belkine d'Alexandre Pouchkine écrites en 1830. Une nouvelle traduction de Pierre Skorov est parue en 2009 aux Editions temps et périodes.

On m'a prêté ce livre un peu par hasard. Je ne connaissais Pouchkine que par ses poèmes. Je me suis donc plongée dans l'univers russe du XIXème pour lire ses nouvelles qui selon Vladimir Nobokov sont "les premières nouvelles en langue russe d'une valeur esthétique permanente"

Ce livre contient 5 nouvelles : Le coup de pistolet/ Tempête de neige/ Le marchand de cercueils/ Le maître de poste/ La demoiselle paysanne
Je vous propose les deux nouvelles que j'ai préférées.
La tempête de neige: Maria et Vladimir s'aiment et décident de s'épouser malgré le refus de leurs parents. Ils décident de se donner rendez-vous à l'église. Vladimir est pris dans une tempête de neige et quand il arrive...maria n'est plus là. Elle est repartie chez elle et tombe malade. Vladimir quant à lui, part à la guerre.
La guerre terminée, , Bourmine un colonel des hussards,vient sur les terres du village de Maria.Les jeunes tombent amoureux...tout le monde croit au mariage mais Bourmine déclare que leur union est impossible. Il a déjà été marié, un soir il y a quatre ans , après une tempête de neige , avec une jeune fille dont il ignore le nom...
Le maitre de poste: Le narrateur se retrouve dans un relai de poste où il est séduit par la beauté de Dounia et la gentillesse de son père... Oui mais voilà, Dounia va partir avec un homme riche et elle ne donnera plus de nouvelles à son père...qui tente de la chercher par tous les moyens. Le narrateur revient sur les lieux...le maître des postes est mort, qu'est devenue Dounia?

Mon avis: Quel plaisir de lire ces nouvelles , de se plonger dans la société russe (avec ses réglements de comptes, sa vodka, et sa hiérarchie du XIXème) et de découvrir une écriture tout en contraste. Chaque nouvelle revêt des significations multiples et joue avec les conventions et les clichés littéraires (ex : la rencontre amoureuse, le leit motiv de la vengeance ). J'ai beaucoup apprécié la concision, le suspens et ses personnages tellement différents des "nôtres" qu'ils en deviennent attachants. Une belle découverte!

[Le + prof : travail sur la nouvelle/ travail sur les topoï (et détournement de la rencontre amoureuse avec la demoiselle paysanne. Cette nouvelle peut aussi servir de support pour une réécriture sur ce thème. On peut aussi travailler sur le déguisement (être paraître) et le travestissement comme élément nécessaire à la découverte d'une vérité , dans un groupement de texte par exemple: mettre des déguisements pour voir les réactions d'un autre (Chez Marivaux, chez Molière )/ travailler sur toutes les oppositions être/paraître imaginaire/réalité etc]