mercredi 23 février 2011

L'énigme de la semaine


[Réponse de l'énigme de la semaine passée: en effet c'est un jouet, bravo! : et ce buffle roulant était agrémenté d'une ficelle (perforation du museau) ...les enfants pouvaient ainsi le tirer aisément ;) ... Certains jouets modernes sont faits exactement sur le même principe...ah ces Romains!]

Voici l'énigme de cette semaine:
Un peu d'étymologie...des liens improbables parfois.

Quel est le lien entre le mot latin "decem" (qui signifie "dix" )et un de ses dérivés français "décimer"?

A vous de jouer et à la semaine prochaine!

dimanche 20 février 2011

Si je reste de Gayle Forman


L'histoire: Une ado de 17ans, Mia vit avec ses parents , fans de musique et un brin excentriques, et son petit frère drôle et attachant. Elle a un petit ami Adam avec qui elle partage une passion pour la musique, même si leurs styles musicaux sont bien différents. Elle a tout pour être heureuse...jusqu'à ce tragique accident de voiture où tout bascule. Ses parents et son petit frère décèdent, et Mia se trouve plongée dans le coma à l'hôpital. Etrange sensation. Elle est comme dédoublée: son esprit et son corps se séparent et elle perçoit les réactions de tous, aussi bien des infirmières que de ses proches, grands parents et amis. Elle souffre indubitablement et des questions se bousculent: doit-elle vivre ou mourir? Peut-on avoir envie de vivre quand on a perdu les personnes les plus chères et que l'on a 17 ans? Entre vie passée et réflexions sur le présent, Mia voudrait agir, se faire entendre et parler avec Adam et sa meilleure amie. Une journée, une petite journée pour un choix si important et si délicat...

Mon avis: Un roman que j'ai littéralement dévoré. L'écriture est fluide et très agréable et j'ai beaucoup apprécié la construction du roman: on alterne avec des souvenirs de Mia, qui nous permettent de découvrir son passé et sa personnalité, et des moments présents (sur son lit d'hôpital). L'imbrication de ces deux temps nous permet de découvrir avec justesse et finesse les différents personnages et la vie de la jeune fille. Les deux ados, Mia et Adam ont une relation très touchante et très douce, emplie de respect malgré leurs différences. La musique tient une place particulière dans ce roman, entre réconfort et échappatoire, elle rythme l'histoire et lie indéfectiblement les deux amoureux au-delà du temps et de la souffrance. Le sujet n'est pas évident à traiter mais Gayle Forman, parvient à nous faire réfléchir sur des thèmes essentiels: la place de l'amour et du bonheur, les liens avec nos proches, nos amis, nos habitudes à l'égard de ce qui est précieux et que l'on oublie parfois.
Un très joli roman, touchant, juste, émouvant même (je dois dire que je ne suis pas restée insensible aux dernières pages) , un bon moment de lecture que je conseille aux ados, mais aussi à leurs parents !
[mention spéciale pour le "dialogue" entre Mia et son grand-père et les dernières pages du roman:]
[Il paraît qu'il y a une suite...mais comme toujours, un peu peur d'être déçue..à suivre]

jeudi 17 février 2011

Je ne pense qu'à ça de Karim Ressouni-Demigneux


Un roman de littérature jeunesse pioché dans les allées de la médiathèque Je ne pense qu'à ça de Karim Ressouni-Demigneux, illustrations de Monike Czarnecki (collection roman du monde)

L'histoire: Ismaïl est un élève de 5ème qui vit avec ses parents. Tout se passe bien à la maison mais un problème survient au collège: on le traite de " pédé". Il ne comprend pas, mais cette moquerie va prendre de plus en plus d'importance dans sa vie et sans sa relation aux autres. Destabilisé, le jeune garçon se pose déjà une multitude de questions sur son adolescence. Comment réagir face à ces insultes? Sa voisine (mais aussi sa prof de français et la meilleure amie de sa mère), qui n'a jamais caché son homosexualité va l'aider et lui parler pour le faire grandir et lui permettre de se construire.

Mon avis: Je n'ai pas du tout accroché avec ce roman qui traite de thèmes importants comme la sexualité , l'homosexualité et le rapport aux autres. Nous percevons avec justesse la souffrance d'un adolescent et la méchanceté des paroles entre élèves ainsi que le chemin pour se découvrir. Toutefois, l'histoire ne m'a pas du tout séduite et j'ai trouvé la fin assez peu crédible. Peut-être qu'un jeune adolescent pourra se retrouver dans ce roman...Je ne sais pas.. Néanmoins, ce roman aura la vocation de faire réfléchir les jeunes lecteurs
[J'ai trouvé les dessins qui illustrent ce roman un peu trop simplistes, même si l'idée de représenter les différentes étapes de l'existence du jeune garçon était bien trouvée]

la citation du jeudi (17)


Sur une idée de chiffonnette

Un peu de théâtre aujourd'hui...L'importance d'être constant d'Oscar Wilde. Une pièce très drôle, mise en scène il y a quelques temps au théâtre Antoine.

Algernon: Savez-vous pourquoi, chez un célibataire, les domestiques aiment-ils à ce point le champagne? Je vous pose cette question par pure curiosité.

Lane
: Cela provient certainement, Monsieur, de la qualité du breuvage. J'ai constaté que , très souvent, chez les gens mariés, le champagne laissait terriblement à désirer.

Algernon: Dieu du ciel! Le mariage est-il une institution à ce point déprimante?

Lane: Je l'ignore, Monsieur. He n'en ai qu'une expérience réduite, car je n'ai été marié qu'une seule fois, ce qui est bien suffisant. Mon mariage a pris fin presque aussitôt, suite à un malentendu entre une jeune personne et moi, car pour tout dire à Monsieur...

Algernon
(avec nonchalance): Je crains fort, Lane, que votre vie conjugale ne me passionne pas particulièrement. Car le malentendu en question...

mercredi 16 février 2011

L'énigme de la semaine



Pour la réponse à l'énigme de la semaine passée, c'est ici

Voici l'énigme de la semaine. Quel est cet objet retrouvé en Italie?A quoi sert-il?

Bonne chance à tous et à la semaine prochaine!

lundi 14 février 2011

Les oiseaux noirs de Massada d'Olivia Elkaim



Les Oiseaux noirs de Massada d’Olivia Elkaim chez Grasset. Une lecture faite dans le cadre des Chroniques de la rentrée littéraire Un grand merci !

L’histoire : Klara est une jeune chanteuse de cabaret. Elle est juive et a été élevée par sa grand-mère Mouna qui a toujours refusé de se livrer sur sa vie et ses origines. Un soir, Ron, un producteur israélien qui souhaite monter un spectacle musical sur l’histoire de Massada [Massada, rocher surplombant la mer Morte où en 73 après JC., un milliers de Juifs préfère le suicide à la reddition] repère Klara : son héroïne, ce ne peut qu’être elle. Les deux êtres s’éprennent et Klara décide de le suivre en Israël, où le climat est très tendu. La déception et la désillusion arrivent très vite : Ron est marié et a des enfants. La voix de la jeune femme disparaît. Elle est anéantie. Seule sa grand-mère peut trouver les mots pour lui redonner le goût de vivre. Mouna prend l’avion mais ce voyage n’est pas anodin pour elle. Cette femme a, tout au long de sa vie, garder au fond d’elle un secret : elle aussi a aimé profondément, elle aussi a perdu l’homme qu’elle aimait durant la seconde guerre mondiale. Pour elle aussi, Massada revêt une signification particulière. Les révélations sont proches…et l’arbre généalogique de Klara jusqu’à présent vide se remplit peu à peu.

Deux destins de femmes indéfectiblement liés qui nous emmènent de Paris à Gaza, des années 40 aux années 2000.

Mon avis:J’ai littéralement dévoré ce roman. Le style est agréable, l’écriture est précise (poétique parfois) et l’ensemble très bien mené. Le rythme va crescendo au fil des pages et nous accompagnons bien volontiers les personnages. On suit Klara puis on s’attache à la vie de Mouna qui s’appelait alors Edna, à ses parents, à sa situation d’avant-guerre. Olivia Elkaim construit très finement son roman : on connaît, avant la jeune fille, la vie de sa grand-mère. L’échange entre les deux femmes à la fin du roman n’en est que plus touchant. L’auteure évoque en toile de fond sans ornement, ni cliché des périodes historiques : les années folles à Paris, la seconde guerre mondiale, le conflit Israëlo-palestinien. Au premier plan, deux femmes d’une même famille animées par la passion, l’amour et les questionnements qui en découlent. Une réflexion sur l’identité, sur les liens familiaux, sur le besoin de connaître ses origines, sur le poids des secrets, sur la mémoire …

Un très joli roman, fort, émouvant et aux multiples correspondances.

jeudi 10 février 2011

Quitte ta mère de Jeanne Benameur


Un livre découvert grâce à Noukette et son super Cdi

L'histoire: Bastien est un ado qui vit avec sa mère. Cette dernière est omniprésente dans sa vie et cherche à tout contrôler. Mais voilà, cette présence commence à étouffer Bastien. Il se rend compte de la chance qu'il a d'avoir une maman à ses côtés et ne veut pas la blesser... mais il ne supporte plus d'être "tout" pour sa mère. C'est pourquoi quand arrivent les grandes vacances, il se réjouit d'aller à La Rochelle chez son grand-père, un ancien pêcheur. Il retrouve ses habitudes et percent petit à petit l'existence de son cher papy avec ses joies et ses tristesses. Celui-ci sombre dans l'alcool et la solitude depuis la disparition de sa femme. Bastien se fixe donc pour mission de redonner le sourire à son grand-père. Des ballades à vélo aux visites de bateaux, de la rencontre d'Anne aux moments passés sur la plage, Bastien se retrouve et réfléchit sur le sens qu'il veut donner à sa vie. Il a grandi et souhaite prendre des décisions quant à son avenir. Mais tout n'est pas toujours aussi simple

Mon avis: Un joli roman, bien écrit et qui traite avec beaucoup de finesse le lien entre mère et fils, petits- enfants et grands -parents. Le personnage du grand-père est très touchant. J'ai aussi apprécié de jolis passage d'écriture particulièrement le moment où Bastien retrouve les petits mots qu'il cache sous un pot d'une année sur l'autre. Des portraits très réussis à l'image de celui d'Anne, qui rend la jeune fille très attachante. Un roman qui se déroule le temps d'un été , parfois drôle, parfois touchant et qui plaira aux enfants dès 11 ans. Un moment de lecture très plaisant.