mercredi 24 novembre 2010

Mélodies du coeur d' Annie Proulx


Voici un recueil de nouvelles trouvé au hasard d'un rayon "Nouveautés Novembre 2010" de la médiathèque. J'avais entendu parler de cet auteur pour le prix Pulitzer. Pourtant, je n'avais rien lu.

L'histoire ou plutôt les histoires: Ce livre contient 11 nouvelles, parmi lesquelles : La chasse au cerf, une série de déboires, une journée sans nuage, Meurtre à la campagne...
Nous sommes plongés dans les grands espaces de la Nouvelle-Angleterre, là où il y a peu d'habitants, là où la vie est difficile, là où la brutalité et la rudesse font partie du quotidien de la vie. A chaque nouvelle, c'est l'histoire d'un personnage rude, rugueux, décrit dans son milieu de vie (parfois hostile), avec son histoire que l'on découvre au fur et à mesure. Ces personnages bourrus évoluent au contact des autres, faisant ressortir des tranches de vie plus ou moins heureuses. On s'assoit à la table des personnages, et le silence pèse... Le silence avant la tempête. Ils ont tous une souffrance latente mais celle-ci reste parfois contenue, ou au contraire c'est l'explosion.

Mon avis: Une lecture bien agréable. L'auteur nous fait découvrir des paysages lointains avec des descriptions saisissantes: elle parvient à nous "faire voir" ces hommes et femmes isolés qui vivent comme chasseurs ou fermiers. Les haines, les rancoeurs, les jalousies, les colères, sont retranscrites avec une extrême justesse, et les personnages portent en eux ces divers sentiments. Annie Proulx se moque parfois de ses personnages, mais toujours avec bienveillance...Les chutes sont parfois étonnantes et ces nouvelles, souvent marquées d'une ironie grinçante, nous invitent à faire un voyage, loin géographiquement, loin aussi dans les sentiments humains comme la vengeance, la démence et la pauvreté... Des" mélodies" du coeur...

dimanche 21 novembre 2010

Salon du livre Montreuil


...Besoin d'avis éclairés pour ceux qui passeraient par-là et qui pourraient m'aider. En bref, j'emmène une classe ( de 6ème)au salon du livre jeunesse à Montreuil le 2 décembre; je suis en train de préparer leur circuit/ rencontres etc. Voilà les auteurs /illustrateurs qui seront présents à ce moment-là...Or, je ne les connais pas tous...et aimerai savoir si vous en avez rencontré certains... Merci d'avance !
Kebe Kaaverbof/ Pernilla Stalfelt/ Béatrice Bottet/ Aleandra Campe/ Cécile/ Jean-Philippe Chabot/ Florent Chavouet/Isabelle de Catalogne/ Anne Fakhouri/ Muriel Diallo/ Fabienne Jonca/ Nathalie Meynet/ Romain Monnery/ Hélène Moreau/ Claire Nadaud/ Marion Pradier/ Anne Robillard/ François Schwoebel/ Géraldine Alibeu/ Christine Beigel/ Henri Dès/ Teddy Iafare-Gamgama
Merci d'avance

samedi 20 novembre 2010

Le vicomte pourfendu d'Italo Calvino


Le vicomte pourfendu est le premier volume d'une trilogie ( avec le Chevalier inexistant, le baron perché) paru en 1952

L'histoire: Le vicomte Médard de Terralba, dans la fougue de sa jeunesse, part en guerre contre les Turcs. Mais il va vite déchanter, car le chevalier génois est coupé en deux par un boulet de canon"Et tous de s’occuper de lui pendant que les pauvres soldats qui n’avaient reçu qu’une flèche dans le bras mourraient de septicémie. Ils firent des coutures, des applications… Dieu sait ce qu’ils firent ! Quoiqu’il en soit, le lendemain, mon oncle ouvrait son unique œil, sa demi-bouche, dilatait sa narine et respirait. Il était, maintenant, vicomte et pourfendu". Dès son retour au château c'est la stupéfaction d'autant..que d'après Sébastienne, sa nourrice, c'est la mauvaise partie qui est revenue: celle qui fait le mal. Tout devient moitié sur son passage: les arbres, les champignons...et le mal se répand: le vicomte s'en prend à son petit neveu, aux gens du château, aux paysans, aux huguenots... Et bientôt il s'éprend de Paméla, la bergère. Mais une autre partie d'un homme apparaît...Celle-ci représente le bien...et fait tout à l'opposé de son nouveau rival..Quand la confrontation va-t-elle avoir lieu?
Mon avis: J'ai beaucoup apprécié cette lecture .Pour ma part ce n'est pas vraiment un roman; cela se rapprocherait davantage du conte philosophique (à l'image du Candide de Voltaire où les échos sont nombreux).L'écriture est agréable et les tons se mêlent constamment: l'humour, le cynisme. Le style incisif, j'oserai même poétique à certains moments. L'idée de départ m'a plu. La réflexion manichéenne sur le bien et le mal est clairement exposée condamnant l'absolu d'une attitude dans les deux cas. En germe, des réflexions toujours actuelles, pleines d'ironie mais avec la joie de la lecture d'un "conte" comme une allégorie où tous les degrés de lecture sont possibles...A lire donc!
Phrases que j'ai appréciées au fil de la lecture " Heureusement que son boulet de canon ne l'a coupé qu'en deux, disait tout le monde. S'il en avait fait trois morceaux, Dieu sait ce qu'il nous aurait fait voir"
"Mais il est clair qu'il ne suffit pas d'un vicomte complet pour que le monde entier soit complet"

[Le + prof:
Un travail intéressant à faire sur les portraits et sur les antonymes (lexique des sentiments/verbes d'action/ champs lexicaux associés au bien et au mal..etc)..où les deux moitiés peuvent être mises en parallèle.]

jeudi 18 novembre 2010

La citation du jeudi (4)


Voici la citation du jeudi initiée par chiffonnette

Aujourd'hui à l'heure où le grand froid nous saisit, voici une petite citation dans l'air du temps qui m'avait fait beaucoup rire quand je l'avais lue... Des fois , y'a des histoires qui nous parlent plus que d'autres ;)...C'est au début de Ce crétin de prince charmant d'Agathe Hochberg

"Du ski?"
Certainement pas. Je n'ai pas appris quand j'étais enfant; la première fois que je suis montée sur des skis, j'avais dix-sept ans; c'est fou ce que la conscience du danger peut gâcher le plaisir. Pourtant j'ai fait des efforts, mes amis se sont relayés pour m'apprendre et docilement, je plantais mon bâton, je pliais les genoux...tandis que des gamins de quatre ans me dépassaient tout schuss. Au bout d'une semaine, j'avais des bleus qui auraient pu aisément me permettre de figurer dans l'encyclopédie des hématomes et, j'ai pu enfin rentrer en boitant chez moi."

mercredi 17 novembre 2010

L'énigme de la semaine


Réponse de la semaine passée sous vos commentaires.

Alors voici l'énigme de la semaine:

Comment les Romains mesuraient-ils les heures?

A vous de jouer, et à la semaine prochaine !

mardi 16 novembre 2010

La ligne de beauté d' Alan Hollinghurst


Un grand merci à Bob et aux éditions Le livre de poche pour m'avoir permis de découvrir ce roman, qui a obtenu en 2004 le Man Booker Prizen, prix littéraire très prestigieux du Royaume-Uni.

L'histoire:Nick Guest, un jeune gay d'origine modeste, diplômé d'Oxford est accueilli dans l'hôtel particulier des parents de son ami Toby Fedden à Londres. Mais ce n'est pas une famille comme les autres,et Nick va peu à peu entrer dans l'intimité d'un milieu totalement nouveau pour lui. Il fait donc connaissance de Gerald, le père, député conservateur et très ambitieux; de Rachel, la mère, très fortunée, de Catherine, leur fille dépressive, et il continue d'éprouver une passion secrète pour Toby. Il découvre, fasciné et subjugué, une société de grandes familles où les conservateurs ont tous les pouvoirs pendant les années Thatcher. Nick mène une vie facile où se mêlent pouvoir, cocaïne, sexe, non-dits , diners mondains et hypocrisie. On assiste à " l'apprentissage" du héros(admirateur de la beauté sous toutes ses formes) sa première vraie histoire d'amour avec Léo, puis quelques années plus tard avec Wani, toujours dans le secret. On suit les personnages dans "des moments de vie" avec en arrière-plan les milieux bourgeois londoniens où la réussite et l'ascension sociale sont primordiales...les moyens utilisés importent peu. Or, derrière cette façade , la famille Fedden cache une autre réalité et des scandales (comme le sida) apparaissent... Nick en fera partie:mais ce milieu est-il véritablement le sien?

Mon avis: Je suis très partagée sur ce livre. Ceux qui se passionnent pour les dessous du pouvoir et sur la société anglaise des années Thatcher seront comblés. Une histoire so british!Tout gravite autour de Nick qui se fait spectateur de ce nouveau monde, et acteur de sa vie en parallèle. Le style est incisif, la critique acerbe et l'ensemble est assez cynique: sur ces aspects Alan Hollinghurst excelle. Dans ce microcosme, l'auteur utilise tous les ressorts psychologiques des personnages, rendant les uns sympathiques et les autres odieux. J'ai apprécie la relation amicale entre Catherine et Nick, peut-être une des seules à être sincères. Toutefois, quelques bémols : il y a peu d'actions dans ce roman, et ...les dix dernières pages semblent arrivées bien tardivement! De plus, j'ai parfois eu l'impression de lire un "roman homosexuel" pendant la moitié du livre: l'apprentissage de Nick nous est livré dans les moindres détails, à mon goût de manière trop répétitive.Tout est fantasme pour le jeune homme et je ne suis pas sure que cela apporte vraiment à l'histoire.
En somme, malgré ces réticences, cette lecture va crescendo, et l'on est vraiment conquis par les cent dernières pages.

Le tag des 15 auteurs

Merci à Noukette et à Praline (allez faire un tour sur son blog culturel bien sympathique) de me proposer ce tag, le premier en l' occurence .
Le principe: Citer 15 auteurs, ceux que l'on préfère , en 15 minutes et taguer 15 personnes

En vrac donc...
1) Racine pour la force de son écriture et la beauté des sentiments
2) Eric-Emmanuel Schmitt parce que chaque nouveau roman/recueil est toujours plaisant
3) Hugo car il a bercé mon adolescence
4) Eluard car je suis sensible à sa poésie, sobre et engagée
5) Saint Exuspery car le Petit Prince est un symbole pour petits et grands
6) Albert Cohen pour Belle du seigneur
7) Tous ces auteurs anonymes ou célèbres , présents dans la bibliothèque municipale de mon enfance , qui m'ont donné goût à la lecture et à la beauté des mots
8) Montaigne parce que j'ai beaucoup travaillé sur lui et que j'aime ses réflexions à sauts et à gambades
9) Sophocle...parce que le théâtre ne serait pas le théâtre sans lui ;)
10) Joffo pour un sac de billes, c'est le premier roman sur lequel j'ai pleuré...lors de mon entrée au collège
11) Roald Dahl pour m'avoir réconciliée avec la littérature jeunesse
12) Malraux pour l'Espoir et toute cette période historique qu'il m'a faite découvrir
13)Lewis Carroll pour Alice ...
14)Maupassant pour ses romans, nouvelles
15) Gavalda, car chacun de ses textes m'embarque très rapidement et me procure toujours beaucoup de plaisir.

Et bien d'autres encore...
Vu que les blogueuses que je connais sont déjà taguées...et que je commence... auto-taguez vous si l'envie vous en dit.