vendredi 12 novembre 2010

Tant que tu es heureuse d'Alma Brami


Intriguée par le titre...et indiquée comme nouveauté à la médiathèque je me suis plongée dans ce roman paru chez Mercure de France

L'histoire : Le roman commence par des pages criantes de vérité, parfois crues : la fausse-couche d'Eva et sa terrible souffrance tant morale que physique. Ce ventre vide à travers lequel elle se voyait déjà mère. Tout s'écroule : elle est seule, Franck (un homme plus vieux qu'elle, marié et père de famille), avec qui elle a entretenu une liaison pendant six ans, l'a quitté...Il ne savait même pas qu'elle était enceinte. Tout est vide, Eva est sans espoir. Peu à peu, on nous retrace l'histoire d'Eva, ses rêves de famille, son histoire avec Franck( un bonheur simple et des moments de profonde joie), ses relations avec sa meilleure amie, son frère et ses parents...jusqu'à ce jour terrible. Sa mère essaie de la consoler, son père , malade, exprime son inquiétude et son frère soutient, même maladroitement , cette soeur qu'il chérit tant.Le titre "tant que tu es heureuse" montre ici toute son ironie.Le manque de Franck la submerge: entre colère et désespoir, elle peine à retrouver goût à la vie. Jusqu'où peut aller cette souffrance incommensurable? L'affection de ses proches parviendra-t-elle à sauver Eva? Réussira-t-elle à enfouir son passé pour se construire un avenir? Tel est son défi.
Mon avis: J'ai globalement apprécié cette lecture même si j'ai trouvé l'ensemble un peu long (j'ai trouvé la fin trop rapide par rapport au coeur du roman trop longuement traité à mon goût) et parfois répétitif... La douleur de l'héroïne étant omniprésente, elle se présente comme un leitmotiv tout au long du roman et je dois dire, que si j'y ai été sensible au début, cela me parlait nettement moins au fur et à mesure des pages. Toutefois, le style est agréable et Alma Brami réussit parfaitement à nous évoquer les douleurs de l'intime, ces moments d'intense souffrance où les autres demeurent impuissants. La palette des sentiments (rage, haine, amour,amitié, compassion, rejet...) s'étale tout au long du livre avec une grande force et une extrême justesse.

Un autre avis chez Pimprenelle

jeudi 11 novembre 2010

La citation du jeudi (3)


Voici un extrait de Bérénice de Racine, pièce que j'affectionne tout particulièrement: Quoiqu'il aime Bérénice, Titus renonce à l'épouser parce que Rome interdit cette union de l'empereur et d'une reine étrangère... Je vous propose la dernière tirade de Bérénice...

" Prince, après cet adieu, vous jugez bien vous-même
Que je ne consens pas de quitter ce que j'aime
Pour aller loin de Rome écouter d'autres voeux,
Vivez, et faites-vous un effort généreux.
Sur Titus, et sur moi, réglez votre conduite.
Je l'aime, je le fuis, Titus m'aime, il me quitte.
Portez loin de mes yeux vos soupirs et vos ders.
Adieu, servons tous trois d'exemple à l'univers
De l'amour la plus tendre, et la plus malheureuse,
Dont il puisse garder l'histoire douloureuse.
Tout est prêt. On m'attend. Ne suivez point mes pas."

mercredi 10 novembre 2010

L'énigme de la semaine




Pour les curieux, réponse de la semaine passée sous vos propositions...

Voici l'énigme de la semaine :
Que représente cet objet? A quoi sert-il?

A vous de jouer ;)... toutes les hypothèses sont les bienvenues!
A la semaine prochaine!

mardi 9 novembre 2010

Un brillant avenir de Catherine Cusset


Un roman que j'avais "loupé" au moment de sa parution et que je viens de découvrir en folio.
L'histoire: Le roman commence sur une terrible histoire : Manhattan 2003. Helen, épuisée par la situation de son époux Jacob, malade, décide de coucher dans le salon sur un matelas. Même si cela la fait souffrir, elle veut lui faire comprendre qu'il doit se battre. Pour elle, un couple doit être uni. Tôt le matin, elle ouvre la porte de leur chambre...et découvre son mari , un sac plastique sur la tête. Elle panique et appelle les secours.
Tel est le début du roman. On se retrouve après en 1941 en Bessarabie, où l'on découvre, Helen, jeune enfant, puis jeune femme entourée de sa famille. Elle doit par exemple se battre contre sa famille, pour que l'homme qu'elle aime, juif, soit accepté par sa famille. L'amour est-il plus fort que les carcans sociaux et familiaux? ...Et puis vient le moment des départs, de l'espoir américain...et de la construction d'une nouvelle vie avec une envie irrésistible de réussite. Alexandru, le fils d'Helen et de Jabob réjouit ses parents par ses brillantes études...jusqu'à sa rencontre avec Marie, une jeune française. Helen ne parvient pas à accepter sa belle-fille, et la voit comme une menace, capable de gâcher l'avenir de son fils...
Comment concilier ses idéaux et la réalité de la vie?
Mon avis:Un vrai coup de coeur ! j'ai dévoré ce roman. On reconstruit l'histoire de cette famille sur divers continents, à diverses époques(sous la dictature de Ceausescu, pendant le conflit israélo-palestinien) , un peu comme un puzzle. On découvre toujours à propos, des indices qui nous font comprendre l'attitude, les angoisses, les questionnements des personnages. Ils sont tous très justes avec chacun une sensibilité particulière. Loin de tomber dans des caricatures (la mère possessive ..etc), C. Cusset nous tient en haleine avec une écriture très agréable et des "tranches de vie" qui nous touchent. On suit les personnages à travers deux points de vue successifs, celui d'Helen puis celui de Marie, ce qui permet de garder un certain dynamisme dans l'écriture. De belles évocations et portraits de femmes. Un très beau roman, extrêmement bien rythmé, qui nous plonge dans la vie de cette famille et qui nous fait passer un très bon moment!

samedi 6 novembre 2010

En bas les nuages de Marc Dugain



En bas, les nuages de Marc Dugain. Une lecture qui m'a tentée pour faire suite à la chambre des officiers...

Ce livre se compose de 7 nouvelles: Eileen , la bonté des femmes, légende naïve de l'ouest lointain, Les vitamines du soleil, Montparnasse, Vent d'est, Les lucioles de Jade

Je vous propose de résumer "la bonté des femmes"
Un couple décide de se retirer dans la campagne pour fuir une terrible épidémie. Il faut se barricader pour éviter d'être contaminé. Le mari, éditeur, appelle ses enfants pour les sauver eux aussi. Et il hésite: que faire avec sa maitresse et cet enfant illégitime? Il fait croire à sa femme qu'il a besoin d'aider la maitresse de son meilleur ami (et son enfant).. Se retrouvent donc dans cette maison isolée un homme avec sa famille et sa maîtresse avec son enfant. L'atmosphère est étrange et cet homme se demande s'il a vraiment aimé. Entre questionnements et désillusions, l'éditeur ne sait que penser de sa vie...

Mon avis: Je fus bien déçue par la lecture de ses nouvelles (de qualité inégale). Si certaines histoires sont surprenantes, je me suis un peu ennuyée à la lecture. Ces nouvelles racontent différents destins, de personnes vivant aujourd'hui... Leur vie est parsemée de surprises , plus ou moins bonnes et chacun tente de s'en sortir. J'ai trouvé certains personnages trop cyniques... Manque d'optimisme évident Un bilan défaitiste et désespérant sur l'humanité... une lecture qui ne m'a vraiment pas emballée. Dommage!
Une mention spéciale pour les vitamines du soleil

jeudi 4 novembre 2010

La citation du jeudi (2)


Je continue pour la deuxième semaine sur une idée de chiffonnette...En ce jour de rentrée, rien ne vaut une petite réflexion sur l'Education... Métaphore gustative en prime. Merci Montaigne :). Il mène ici une réflexion sur l"éducation des enfants et s'insurge contre l'apprentissage par coeur sans reformulation... Thème toujours actuel...

" Que ce qu'il [l'enfant] viendra d'apprendre, il [le maître] le lui fasse mettre en cent visages et accomoder à autant de divers sujets, pour voir s'il a encore bien pris et bien fait sien, prenant l'instruction à son progrès, des pédagogismes de Platon. C'est témoignage de crudité et indigestion que de regorger la viande comme on l'a avalée: l'estomac n'a pas fait son opération, s'il n'a pas fait changer la façon et la forme, à ce qu'on lui avait donné à cuire. Notre âme ne branle qu'à crédit, liée et contrainte à l'appétit des fantaisies d'autrui serve et captivée sous l'autorité de leur leçon."

mercredi 3 novembre 2010

L'énigme de la semaine


Réponses de la semaine passées postées sous vos propositions.

Voici l'énigme de la semaine...
D'où provient l'expression "avoir l'épée de Damoclès au dessus de la tête"?

Bon courage et à la semaine prochaine!